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30 millions de tonnes

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30 millions de tonnes

Message par jp le Jeu 19 Mar 2009 - 13:24

chiffres
30 millions de tonnes de poissons rejetés chaque année par-dessus bord

16 mars 2009. - - Spéciale développement durable - Selon le programme des Nations Unies pour l'environnement, les pêcheurs rejetteraient 30 millions de tonnes de poissons chaque année à la baille. La solution : mieux adapter le matériel aux besoins.
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Abîmés, trop petits ou trop nombreux, certains poissons pêchés ne sont pas débarqués. Retour à l'eau donc ! Mais mal en point. Logées à la même enseigne, certaines espèces ne sont pas officiellement commercialisables, comme les coraux, requins et autres tortues marines. Les bateaux en rejettent 30 millions de tonnes chaque année (sur 144 millions de tonnes pêchées dans le monde en 2006). Un gaspillage dû en grande partie au "manque de sélectivité des méthodes de pêche", explique Alain Biseau, coordonnateur scientifique halieutique et responsable national à l'Institut français de recherche sur l'exploitation de la mer (Ifremer). Certains engins, comme le chalut, "raclent le fond des mers sans aucune sélectivité en termes de taille ou d'espèces".

"L'utilisation des casiers, des hameçons ou des filets, qui ciblent les espèces plus grandes, devrait être généralisée", explique le responsable halieutique. L'Ifremer promeut justement, afin de reconstituer les stocks, "une meilleure cohérence entre les quotas attribués et l'effort de pêche, notamment en modifiant la capacité des flottilles", précise-t-il. Car en l'état actuel, on observe une "surcapacité des flottes par rapport aux disponibilités des ressources, qui sont dans un état très bas pour certaines".

- "Une dizaine d'années au minimum sont nécessaires pour connaître l'état des stocks de poissons" -

Des plans de sortie de flotte sont le moyen le plus radical de réduire l'effort de pêche. "L'administration attribue des aides financières aux pêcheurs pour qu'ils cassent leurs bateaux, ce qui est un moyen simple mais extrêmement douloureux d'un point de vue socio-économique, avec les conséquences sur le chômage qu'on imagine", observe l'expert. Le moyen le plus "durable" consiste sans doute à jouer sur la politique des quotas. "On pourrait envisager une allocation individuelle des droits, comme en Islande ou en Nouvelle-Zélande", suggère Alain Biseau. Et ce, sans faire fi des questions qu'une telle attribution pourrait poser, comme "les critères choisis ainsi que la question des échanges de quotas qui pourraient avoir des impacts socio-économiques indésirables".

Actuellement, les droits sont alloués par pays et par organisation de producteurs. Ceux-ci sont basés sur les avis de scientifiques, dont ceux du Conseil international pour l'exploration de la mer qui fédère les diagnostics pour environ 150 stocks de poissons. Les données proviennent des débarquements des pêcheurs, et des campagnes de recherche. Mais personne n'a assez de recul aujourd'hui pour connaître l'état exact de ces ressources "renouvelables". Et pour cause : le temps manque.

"Les séries historiques longues, une dizaine d'années au minimum, sont nécessaires pour évaluer les taux de reproduction, de migration, etc. et donc l'état d'un stock, afin de modéliser son évolution", prévient Alain Biseau. Si les "stocks historiques de la morue sont assez bien connus, ainsi que ceux du thon rouge, dont certaines données remontent jusqu'au XVIIème siècle, on en sait relativement peu sur la majorité des autres espèces".

La connaissance du milieu marin n'en est qu'au stade foetal. Stopper purement et simplement les prélèvements n'est pas la panacée, dans la mesure où les facteurs environnementaux, qui jouent sur les populations, sont encore mal connus, comme l'illustre l'exemple de l'anchois du Golfe de Gascogne. Malgré l'interdiction de pêche depuis 2005, ses stocks ne se reconstituent pas. Sans que les chercheurs n'aient encore compris pourquoi.



Par Diana Semaska
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